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Beni : Arrestations et tueries des pécheurs sur le lac Eduard par la marine Ougandaise ; à qui profite ce conflit ?




C’est depuis plus d’une décennie que les conflits entre les pécheurs congolais et la marine Ougandaise persistent autour du lac Edouard. Plusieurs pêcheries du coté congolais en territoire de BENI et de LUBERO sont touchées par ce conflit frontalier. Selon des sources entrecoupées, Plusieurs pécheurs congolais se voient régulièrement arrêtés par la marine Ougandaise qui les accuse à tort ou à raison d’avoir violé les limites maritimes de ce lac qui sépare la RDC et l’OUGANDA. Une situation à la base des conflits et tensions communautaires. Certains pêcheurs passent des mois dans des prisons ougandaises, d’autres ont déjà perdu la vie, d’autres encore blessés, voire portés disparus, laissant ainsi des orphelins, veuves et veufs sans assistance.

Tout cela se passe et se vit sous l’œil des services qui réglementent la pêche sur le lac du côté congolais, en dépit des plusieurs dialogues réunissant les parties aux conflits pour tenter de résoudre le problème, les démarches demeurent sans compromis durable jusque-là.


L’expert environnementaliste et ancien responsable du service de l’environnement à Beni de 1994 à 2013 monsieur GUSTAVE CHISHWEKA ; indique que ce n’est pas la limite qui serait à la base des problèmes entre les pécheurs congolais et la marine ougandaise, car même si la limite d’une manière officielle n’est pas connue, mais elle existe naturellement. La rivière RWINDI qui change de nom en plein lac qu’on appelle Semuliki, délimite clairement la partie congolaise avec ses 80 pourcents de ses eaux lacustres et les 20 Pourcents reviennent à l’Ouganda.

Pour lui ; les Grandes causes de ces différends seraient :

Du coté congolais le non respects de la loi règlementant la pêche pousse à la carence des poissons dans le lac.


L’autre problème est que ce Lac a aujourd’hui un engin Economique. Il constitue l’épicentre du pétrole dans la partie comprise entre RUTSURU et le Lac Albert pourtant la grande partie du lac se retrouve en République démocratique du Congo.

A ce niveaux, nous comprenons que certaines gens peuvent se battre pour les poissons dans le lac, mais la grande cause est économique liée au pétrole qui reste jusqu’à présent non exploité. Mais, l’Ouganda voudrait élargir ses frontières vers la grande partie de la RDC où loge ce pétrole pour qu’en cas de son exploitation, l’Ouganda aura déjà une grande partie à exploiter. C’est la cause cachée de ces arrestations en répétition des pêcheurs congolais par la marine ougandaise. Ainsi, c’est aussi une façon des préparer psychologiquement les congolais qu’un jour l’Ouganda dira aux gens, éloignez-vous de cette partie qui me revient.


Abordez sur la même question, le président de la société civile de KYAVINYONGE dit humblement que le grand problème est le désordre institutionnel organisé par certains services de l’Etat commis dans ce lac par le gouvernement congolais. C’est ce qui serait à la base de la persistance de conflits dans cette partie lacustre. Poursuivant, la société civile indique que l’autre problème est que du côté de la RDC ; il n’y a pas du respect des normes des pêches. Certains pêcheurs par carence de poissons, traversent de fois les limites vers l’Ouganda à la recherche des poissions en quantité et en qualité. Une fois-là, la marine ougandais les arrête. Cette situation brise les relations entre les peuples Ougandais et congolais. Au niveau de la société civile, Delphin Malekani son président, pense que les autorités doivent suivre de plus près cette situation. Il partage aussi la situation de ISHASHA, où les Ougandais ont déjà ramené la frontière jusqu’à 8 kilomètre à l’intérieure de la RDC.


Quelle est le point de vue de l’armée face à la persistance de ce conflit entre pêcheurs congolais et la marine ougandaise ? Selon le porte-parole des opérations Sokola 1 Grand-Nord, le capitaine ANTONY MWALUSHAYI, la persistance de ce conflit serait due au non-respect des consignes de limite par les pêcheurs congolais qui, à la recherche des poissons de bonne qualité, traversent même du coté ougandais. Pour lui, le dialogue franc entre congolais et ougandais à ce sujet serait la solution durable. Raison pour laquelle, dit-il, une délégation conjointe FARDC-UPDF a échangé le 30 janvier dernier avec les couches de la société civile de Kyavinyonge.

DU COTE DES PECHEURS, On estime que la cause de la persistance de ces conflits serait due par des désordres coté congolais qui ne parvient pas à règlementer la pêche. Le président de l’association des pêcheurs de KYAVINYONGE ajoute que cette non règlementation de la pêche du côté congolais accentue les tracasseries de la part des services de l’Etat qui passent les journées entrain de rançonner les pêcheurs et ne se soucient même pas du danger que cela représente. Mr ASUMANI MUGISA, estime aussi que les ougandais y sont pour quelque chose, car ils ont aussi violé et déplacé les limites naturelles connues dans le lac pour des raisons non connues et sans aviser qui que ce soit.

Ce responsable des pêcheurs à KYAVINYONGE pense que ce sont des ougandais qui bénéficient plus de ces conflits. Quand les pêcheurs sont arrêtés, l’Ouganda bénéficie non seulement de l’argent mais aussi de la main d’œuvre carcérale à son avantage. Le gouvernement congolais devrait s’assumer correctement.

Point de vue du Forum de Paix


Partant des données récoltées auprès des uns et des autres, le Forum de Paix reste frustré par le fait que les conséquences de ce conflit sur le lac Edouard pèsent énormément sur certains congolais qui ne savent pas jusqu’aujourd’hui ce que l’avenir leur réserve. Des veuves et orphelins sont identifiés chaque fois que ça brûle sur ce lac. Quelques soient les dispositions mises en place par les autorités congolaises, notamment la mise en place des services de réglementation des activités de pêche… riens ne rassure jusque-là pas que le calme va régner sur ce lac. L’accalmie qui s’observe sur les autres lacs voisins, entre autre le Lac Kivu et le Lac Albert, est loin de se vivre sur le lac Edouard. Les pêcheurs qui ne savent pas vivre sans ce métier attendent beaucoup du gouvernement. Ce qui étonne est que certains services qui ont la mission de protéger le lac Edouard, se contentent de percevoir illégalement de l’argent et autorisent les pêcheurs de faire leurs activités sans plus de contrôle rigoureux. Le lac Edouard fait partie intégrante du parc national des Virunga mais ne parvient plus à produire des poissons de bonne qualité dans la partie qui revient à RDC. L’option de tenter de modifier la limite entre la RDC et l’Ouganda n’est pas aussi négligeable. Les autorités à tous les niveaux selon l’implication des unes et des autres dans la gestion des activités de pêche ; devraient prendre le taureau par les cornes en s’assumant correctement et prévenir le danger permanant que courent les pêcheurs congolais. La sanction négative des responsables qui ne sont pas à mesure de servir correctement la nation ne devrait pas rester à coté pour ce dossier. Plus d’information https://youtu.be/vfmhSQn7IlM?si=7G54zSc41z0R7Huf


Forum de Paix

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