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Forum de paix: Le couvre-feu fait des victimes à Beni !



Dans les rues de Beni, au Nord-Kivu (EST de la RDC) l’on commente diversement la mesure du couvre-feu instaurée depuis décembre 2021 pour des raisons sécuritaires. Cette mesure avait été prise de suite d’une attaque à la bombe le 25 décembre Jour de Noël sur boulevard Nyamwisi, commune de Beu, quartier Malepe en pleine ville de Beni, province du Nord-Kivu. Selon cette décision, elle va de 19 heures à 5heures du matin.


Cependant, près de 3 mois après, les habitants victimes de l’activisme des groupes armés négatifs, émettent des avis diverses sur cette mesure du couvre-feu. Selon le constat fait dans les rues de Beni par le Forum de Paix, une structure regroupant les activistes des droits humains, nombreux sont ces habitants qui recommanderaient la suspension de ladite mesure.


C’est par exemple cet homme rencontré sur avenue du stade du 15 octobre en commune Mulekera qui se dit étouffé à ces jours par le couvre-feu. Il est taximan moto, c’est pour lui difficile de réunir les recettes habituelles de son patron suite à cette mesure :


«Je suis taximan moto, c’est difficile pour moi de survivre à ces jours suite au couvre-feu qui ne me permet pas de travailler au-delà de 19heures. C’est à ces heures-là que nos clients se rendaient dans des lieux de loisir après une journée surchargée. Et vers 21 heures l’on pouvait les ramener chez eux avant de clôturer à notre tour le boulot. Et cela nous permettait de maximiser les recettes et pour nous, et pour nos patrons à tant que taximan moto. On ne fait pratiquement rien aujourd’hui, nous quittons quelques fois le terrain avec cinq milles Francs Congolais. Il y a d’ailleurs des patrons qui ont ravi les motos à leur taximan faute de rendement. Sur des barrières l’on nous exige de l’argent lorsqu’on essaie de quitter la ville à la recherche de l’argent, c’est une tracasserie de trop que les services commis sur place appellent ‘’rapport’’. Pour nous aider, les autorités doivent lever cette mesure du couvre-feu et penser à d’autres stratégies de dissuasion de l’ennemi », a raconté cet habitant de la ville de Beni.



Sur boulevard Nyamwisi à la hauteur du marché central de Beni-Kilikwa, nous a avons croisé un autre citoyen congolais qui a accepté de nous donner également sa lecture face à cette mesure :



« En tout cas, nous sommes mal à l’aise ces deux derniers mois. Nous nous sentons victimes d’une mesure qui devrait peut-être nous aider à retrouver notre vie d’avant l’insécurité dans notre ville. C’est vrai à 19heures les services locaux de sécurité devraient se charger de rechercher les poseurs des bombes. Mais ce qui ne se fait pas. Ces services nous cherchent maintenant nous, population. La vie que nous menons est difficile. Peut-être que là où vous vous démener la chance a souri tardivement, vous êtes maintenant là obligé de rentrer à la maison en courant par peur d’être interpelé par la police. Nous manquons si nous sommes réellement au pays ou ailleurs. Ceci nous rend vraiment triste, c’est difficile à supporter. Selon mon constat, le couvre-feu n’a rien produit jusque-là, parce que tout ce que je sais, c’est sont les téléphones des habitants qui sont ravis par les policiers à ces heures-là à travers la ville. Ce sont des amandes (100 milles francs) qui sont payés pour recouvrir sa liberté après interpellation. Je n’ai vu aucun ADF arrêté à 19heures et au-delà comme ce fus l’objectif de ladite mesure», a dit cet autre habitant de Beni interrogé à ce sujet par le Forum de Paix. , a dit cet autre habitant de Beni interrogé à ce sujet par le Forum de Paix.


Pour la troisième personne trouvée à son lieu de travail, la mesure du couvre-feu a été prise sans tenir compte de certaines réalités du terrain. Elle est opérateur économique œuvrant dans le secteur de la vente de la boisson dans une buvette en ville de Beni. Elle plaide aussi pour la suspension de cette mesure.



« Avant même de parler longuement sur mon travail, je vous donne un exemple pour appuyer ma réflexion. C’est nous qui devrions être utilisé à lieu et place d’instaurer un couvre-feu qui restreint d’avantage notre liberté. En revenant de ma buvette, je peux me croiser avec un suspect à 21 heures et je ne manquerai pas à alerter les services spécialisés. Mais lorsqu’on me demande de dormir à 19heures les bandits vont opérer à toute quiétude car souvent les services de sécurité connaissent de lenteur dans l’intervention en cas de nécessité. Je paie mes taxes et mes heures de travail sont limités. Pourquoi les autorités n’ont pas pensé à réduire les frais y relatifs partant des heures fixées pour le couvre-feu. Tout ceci ne nous avance à rien même si les autorités prétendent nous sécuriser en instaurant leurs mesures sur sentiments de l’ennemi. Les deux dernières semaines des bombes ont explosées en pleine journée. Est-ce que c’est pour autant que nous allons reculer encore le couvre-feu ? A OICHA une bombe avait explosée à 9heures locales, la population doit commencer à dormir à ces heures-là ? En ville de Beni, une bombe a fait des victimes à côté de l’état-major de la police en pleine journée. Si les services ne savent pas faire leur travail la journée, c’est la nuit qu’ils vont y parvenir ? Les mesures ne se prennent pas sous pression pour ne pas plaire à l’ennemi. Les services doivent se mettre pour réfléchir sur la sécurité de la ville», a-t-elle renchéri



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